بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Carte Kitāb N°37

الْمُطْلَقُ وَالْمُقَيَّدُ

L'absolu et le conditionné · La grille du ḥaml : union ou différence du ḥukm et du sabab · Avec l'annexe du ẓāhir et des taʾwīl excessifs

Le couple muṭlaq/muqayyad est au singulier ce que ʿāmm/khāṣṣ est au pluriel : « tout ce qui a précédé dans les masāʾil du khāṣṣ et du ʿāmm y court », dit le matn — plus une masʾala, qui fait la gloire du chapitre : le port de l'absolu sur le conditionné (ḥaml al-muṭlaq ʿalā al-muqayyad). Subkī définit d'abord le muṭlaq — « ce qui dénote la quiddité sans condition » — en croisant le fer avec al-Āmidī et Ibn al-Ḥājib qui y voyaient la nakira ; al-Zarkashī, pour une fois, donne tort au matn : « ce qu'ils ont fait vaut mieux que ce qu'a fait l'auteur ». Puis la grille : même jugement et même cause (la raqaba des kaffāras) → on porte, le muqayyad étant un bayān ; causes différentes (ẓihār absolu, meurtre conditionné par l'īmān) → Abū Ḥanīfa refuse, les nôtres portent — par le lafẓ ou par qiyās selon l'attribution ; deux conditionnements contradictoires (jeûne continu / fractionné) → l'absolu demeure absolu : le qaḍāʾ de Ramaḍān n'exige pas la continuité. En annexe, le ẓāhir et le muʾawwal : la galerie des taʾwīl excessifs — dont les soixante pauvres devenus soixante mudd.

الْمُطْلَقُ: الدَّالُّ عَلَى الْمَاهِيَّةِ بِلَا قَيْدٍ. مَسْأَلَةٌ: الْمُطْلَقُ وَالْمُقَيَّدُ كَالْعَامِّ وَالْخَاصِّ، وَزِيَادَةُ أَنَّهُمَا إِنِ اتَّحَدَ حُكْمُهُمَا وَمُوجِبُهُمَا وَكَانَا مُثْبَتَيْنِ وَتَأَخَّرَ الْمُقَيَّدُ عَنْ وَقْتِ الْعَمَلِ بِالْمُطْلَقِ فَهُوَ نَاسِخٌ، وَإِلَّا حُمِلَ الْمُطْلَقُ عَلَيْهِ. وَإِنِ اخْتَلَفَ السَّبَبُ فَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا يُحْمَلُ، وَقِيلَ: يُحْمَلُ لَفْظًا، وَقَالَ الشَّافِعِيُّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: قِيَاسًا. وَالْمُقَيَّدُ بِمُتَنَافِيَيْنِ يُسْتَغْنَى عَنْهُمَا إِنْ لَمْ يَكُنْ أَوْلَى بِأَحَدِهِمَا قِيَاسًا.

« Le muṭlaq : ce qui dénote la quiddité sans condition. Masʾala : le muṭlaq et le muqayyad sont comme le ʿāmm et le khāṣṣ — avec ce surcroît : si leur jugement et leur cause sont identiques, qu'ils sont tous deux affirmatifs et que le conditionné survient après le temps de mise en œuvre de l'absolu, il est abrogeant ; sinon, l'absolu est porté sur lui. Si la cause diffère, Abū Ḥanīfa a dit : on ne porte pas ; on a dit : on porte par le lafẓ ; et al-Shāfiʿī — qu'Allāh l'agrée — a dit : par qiyās. Quant à l'absolu conditionné par deux [textes] contradictoires, on se passe d'eux deux, à moins qu'un qiyās ne le rende plus digne de l'un. »

Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Kitāb (al-muṭlaq wa-l-muqayyad) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 196-201

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La raqaba, laboratoire du chapitre

Toute la doctrine du ḥaml se lit dans un seul mot qurʾānique : raqaba — l'esclave à affranchir en expiation. Pour le meurtre involontaire, le texte la conditionne : ﴾فَتَحْرِيرُ رَقَبَةٍ مُؤْمِنَةٍ﴿ ; pour le ẓihār, il la laisse absolue : ﴾فَتَحْرِيرُ رَقَبَةٍ مِنْ قَبْلِ أَنْ يَتَمَاسَّا﴿. Les causes diffèrent (un homicide, une parole) ; le jugement est le même (affranchir). Faut-il exiger l'īmān aussi dans le ẓihār ? Abū Ḥanīfa : non — porter l'absolu sur le conditionné en de telles conditions serait abolir ce que l'iṭlāq donnait, et un qiyās n'abroge pas. Les Shāfiʿites : oui — la majorité de l'école par le lafẓ même (la langue du Législateur est une, l'absolu se lit à la lumière de son conditionné), al-Āmidī attribuant à Shāfiʿī la voie du qiyās (un jāmiʿ est requis) — attribution que Zarkashī corrige : « les compagnons de Shāfiʿī connaissent mieux son madhhab ». Mais le ḥaml a ses limites : il n'invente pas de khaṣla — le silence de l'āya du meurtre sur l'iṭʿām ne se comble pas par le ẓihār —, et il capitule devant deux conditionnements contradictoires : le qaḍāʾ de Ramaḍān reste libre, ni continu comme le ẓihār, ni fractionné comme la tamattuʿ.

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Vocabulaire essentiel

مُطْلَق muṭlaq
« Absolu » : ce qui dénote la quiddité sans condition — pour le matn ; la nakira « shāʾiʿ fī jinsih » pour al-Āmidī et Ibn al-Ḥājib.
مُقَيَّد muqayyad
« Conditionné » : la même réalité assortie d'une restriction — raqaba muʾmina.
حَمْل ḥaml
« Port » de l'absolu sur le conditionné : lire le muṭlaq à la lumière du muqayyad — bayān, non naskh, selon l'aṣaḥḥ.
مُوجِب / سَبَب mūjib / sabab
La « cause » qui déclenche le jugement (meurtre, ẓihār...) : son union ou sa différence pilote toute la grille du ḥaml.
ظَاهِر ẓāhir
Ce qui dénote son sens de façon présomptive (ẓannī) — par la langue ou par l'usage —, susceptible de taʾwīl.
تَأْوِيل taʾwīl
Porter le ẓāhir sur son sens improbable : valide si un dalīl l'exige, vicié si l'on croit en avoir un, jeu s'il n'y a rien.
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Définir le muṭlaq — la quiddité ou la nakira ?

Subkī contre al-Āmidī et Ibn al-Ḥājib
« Ce qui dénote la māhiyya sans qayd » — le matn accuse les deux maîtres d'avoir confondu muṭlaq et nakira ; Zarkashī prend leur parti.
Définition Māhiyya
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Le débat

  • Le matn : le muṭlaq dénote la quiddité de soi, sans égard à ses accidents (« al-rajul khayrun mina l-marʾa ») — ni la maʿrifa (quiddité + unité déterminée : Zayd), ni la nakira (quiddité + unité indéterminée : rajulun). Al-Āmidī (« la nakira en contexte d'affirmation ») et Ibn al-Ḥājib (« mā dalla ʿalā shāʾiʿin fī jinsih ») l'auraient « confondue » avec la nakira — « wa-laysa bi-shayʾ ».
  • La défense de Zarkashī : « ils ne l'ont pas confondue : ils l'ont visée — et ce qu'ils ont fait vaut mieux que ce qu'a fait l'auteur. » La raison est de poids : le taklīf ne porte que sur l'existant ; or la quiddité « de soi » n'existe au-dehors que dans des individus. Commander la māhiyya, c'est en fait demander un individu indéterminé qui la réalise — exactement le concept de la nakira. L'uṣūlī parle de ce qui se pratique, non des « considérations purement rationnelles » qui ne se rencontrent jamais nues.
  • L'ordre portant sur la pure quiddité : trois lectures consignées par le matn — c'est un ordre d'un juzʾī (Āmidī/Ibn al-Ḥājib, « wa-laysa bi-shayʾ » selon Subkī), de chaque juzʾī, ou une permission de n'importe lequel : la solution d'al-Ṣafī al-Hindī — l'ordre de la quiddité emporte le libre choix (takhyīr) entre ses individus.
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La grille du ḥaml — même ḥukm, même sabab

Le cas d'union complète
Deux textes affirmatifs, même jugement, même cause : on porte l'absolu sur le conditionné — bayān et non naskh, sauf si le muqayyad survient après le temps d'agir.
Ḥaml Bayān
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Trois configurations sous l'union du sabab

  • Deux affirmatifs (la raqaba citée absolue et conditionnée pour la même kaffāra) : si le muqayyad arrive après le temps d'action sur le muṭlaq → naskh ; sinon, trois avis — l'aṣaḥḥ : on porte le muṭlaq sur le muqayyad, le conditionné étant un bayān de l'absolu (qu'il le précède ou le suive) ; deuxième : on porte, mais le muqayyad postérieur abroge ; troisième : c'est le muqayyad qu'on ramène au muṭlaq. Attention : le prétendu « accord » sur ce cas (le Qāḍī Abū Bakr) est démenti — Ibn al-Samʿānī rapporte le débat interne des Ḥanafites, et al-Ṭurṭūshī celui des Mālikites (le masḥ du voyageur : « trois jours » / « lorsqu'il s'est purifié puis chaussé »).
  • Deux négatifs (« n'affranchis pas un mukātab » / « ...un mukātab kāfir ») : qui admet le mafhūm restreint le premier par le mafhūm du second — opération de takhṣīṣ du ʿāmm (la négation généralise !) et non de taqyīd ; qui le refuse applique l'interdiction absolue. D'où la critique : Ibn al-Ḥājib a rangé à tort ce cas dans le muṭlaq/muqayyad.
  • Un ordre et une défense (« affranchis une raqaba » / « ne possède pas de raqaba kāfira ») : l'absolu se conditionne par le contraire de la qualité défendue — affranchir une muʾmina — par nécessité logique, non par ḥaml : on ne peut affranchir ce qu'on ne peut posséder.
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Sharḥ al-Zarkashī — Tashnīf al-Masāmiʿ

Texte clé du commentaire
Le cas d'union : naskh si le muqayyad est tardif, sinon ḥaml — et le muqayyad est un bayān, non un abrogeant.
Sharḥ Zarkashī
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Le passage du Tashnīf

فَإِنْ تَأَخَّرَ الْمُقَيَّدُ عَنْ وَقْتِ الْعَمَلِ بِالْمُطْلَقِ فَهُوَ نَاسِخٌ، وَإِنْ لَمْ يَتَأَخَّرْ فَفِيهِ ثَلَاثَةُ مَذَاهِبَ، أَصَحُّهَا: حَمْلُ الْمُطْلَقِ عَلَى الْمُقَيَّدِ جَمْعًا بَيْنَ الدَّلِيلَيْنِ، وَيَكُونُ الْمُقَيَّدُ بَيَانًا لِلْمُطْلَقِ، أَيْ يَكُونُ الْمُرَادُ بِالْمُطْلَقِ الْمُقَيَّدَ، لَا نَسْخًا لَهُ، سَوَاءٌ تَقَدَّمَ الْمُطْلَقُ أَوْ تَأَخَّرَ.

Traduction : « Si le conditionné survient après le temps de mise en œuvre de l'absolu, il est abrogeant ; s'il ne survient pas après, trois doctrines — la plus correcte : porter l'absolu sur le conditionné, par conciliation des deux preuves, le conditionné étant un exposé (bayān) de l'absolu — c'est-à-dire que le visé par l'absolu est le conditionné — et non son abrogation, que l'absolu précède ou suive. »

Le cas vedette — causes différentes

  • Le terrain : raqaba absolue dans le ẓihār, conditionnée par l'īmān dans le meurtre : c'est ici que les écoles se séparent.
  • Abū Ḥanīfa : aucun ḥaml — il reviendrait à abolir ce que l'iṭlāq accordait, « par n'importe quelle figure » : ce serait un naskh, et le qiyās n'abroge pas.
  • Le muʿẓam (la masse des nôtres) : on porte — puis désaccord sur le moteur : par la vertu du lafẓ, sans attendre de jāmiʿ (la voie du jumhūr des aṣḥāb : la langue du Législateur s'interprète comme un tout), ou par qiyās et dalīl (comme on particularise le ʿumūm). Al-Āmidī — suivi par le matn — attribue la seconde à al-Shāfiʿī ; mais al-Māwardī et al-Rūyānī tiennent la première pour le ẓāhir de son madhhab, et Sulaym al-Rāzī de même : « les compagnons de Shāfiʿī connaissent mieux son madhhab » — correction caractéristique du Tashnīf.
  • Limite absolue du ḥaml : même jugement requis. Si les jugements diffèrent (« habille d'un vêtement / nourris d'une nourriture exquise » ; les mains du wuḍūʾ jusqu'aux coudes / les mains du tayammum), pas de port — Ibn al-Ḥājib y voit l'accord ; le matn signale pourtant un khilāf : les deux qawl de Shāfiʿī sur l'iṭʿām du meurtrier incapable de jeûner — l'aṣaḥḥ : non, « le tu ne se porte pas sur le dit » : l'āya du meurtre n'a jamais mentionné l'iṭʿām, on ne lui greffe pas une khaṣla par analogie avec le ẓihār.
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Le muqayyad bi-mutanāfiyayn — le qaḍāʾ de Ramaḍān

Deux conditionnements contradictoires
Quand l'absolu est tiraillé entre un texte exigeant la continuité et un texte prescrivant le fractionnement, il demeure absolu.
Mutanāfiyān Qaḍāʾ
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La règle et son application

﴾فَعِدَّةٌ مِنْ أَيَّامٍ أُخَرَ﴿ — le rattrapage de Ramaḍān est absolu. Or les jeûnes conditionnés tirent dans deux sens : le ẓihār exige la continuité (﴾مُتَتَابِعَيْنِ﴿), la tamattuʿ impose le fractionnement (﴾وَسَبْعَةٍ إِذَا رَجَعْتُمْ﴿). Verdict :

  • Qui porte « par le lafẓ » : l'absolu reste sur son iṭlāq — le conditionner par l'un n'est pas plus digne que par l'autre.
  • Qui porte « par qiyās » : on porte vers celui des deux qu'un jāmiʿ rapproche ; à défaut de qiyās préférant, retour à l'iṭlāq.
  • Riposte aux Ḥanafites : « pourquoi n'exigez-vous pas le tatābuʿ dans le qaḍāʾ ? » — précisément parce que le ḥaml est neutralisé par les deux modèles rivaux : ni le ẓihār ni la tamattuʿ ne l'emportent ; on laisse l'absolu en l'état. La règle ne joue que pour un muṭlaq flanqué d'un seul muqayyad.
  • Raffinement d'al-Māwardī et al-Rūyānī : si les deux conditionnements ne se contredisent pas, deux wajh sur le cumul — en cas de ḥaml, l'absolu se trouve conditionné par les deux qayd à la fois.
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Annexe — ẓāhir, taʾwīl valide et taʾwīl vicié

La théorie du muʾawwal
Le ẓāhir dénote ẓanniyyan ; le taʾwīl le porte sur le sens improbable : pour un dalīl — valide ; pour un pseudo-dalīl — vicié ; pour rien — un jeu.
Ẓāhir Taʾwīl
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Les définitions

  • Le ẓāhir : ce qui dénote son sens de façon ẓannī — par la mise lexicale (« asad » → le fauve) ou par l'usage (« ghāʾiṭ ») ; le naṣṣ, lui, dénote qaṭʿiyyan.
  • Le taʾwīl : porter le ẓāhir sur son sens improbable (al-muḥtamal al-marjūḥ). Trois sorts : appuyé sur un dalīl qui rend ce sens prépondérant → ṣaḥīḥ ; appuyé sur ce qu'on croit être un dalīl → fāsid ; sans rien → laʿib, ce n'est même plus un taʾwīl.
  • Gradation : le taʾwīl proche se contente d'un mince murajjiḥ ; le lointain exige le plus fort ; l'impossible se rejette. Les uṣūliyyūn cultivent une galerie d'exemples « pour exercer et départager » — la voici.

La galerie des taʾwīl excessifs (al-baʿīd)

  • « Amsik arbaʿan » lu « épouse-les à nouveau » : à Ghaylān b. Salama, converti avec dix épouses, le Prophète ﷺ dit « gardes-en quatre et sépare-toi des autres » ; les Ḥanafites glosent : « contracte un nouveau nikāḥ avec quatre » — or nul renouvellement n'est rapporté, malgré la masse des convertis mariés.
  • ﴾إِطْعَامُ سِتِّينَ مِسْكِينًا﴿ lu « soixante mudd » : nourrir un seul pauvre soixante jours suffirait, « la faim de soixante en un jour valant celle d'un en soixante jours ». Réfutation : on érige en mafʿūl un « ṭaʿām » absent du texte en évinçant les « soixante pauvres » bien présents ; la ʿilla forgée abolit le nombre — donnée du texte qu'elle prétend servir ; et le nombre a sa fāʾida : la duʿāʾ de soixante bouches est plus près d'être exaucée.
  • « Ayyumā imraʾatin nakaḥat nafsahā... » lu de la mineure, puis de l'esclave, puis de la mukātaba : fuite en cascade — la mineure ? leur propre droit valide son contrat suspendu ; l'esclave ? « fa-lahā l-mahr » la dément (le mahr revient au maître) ; la mukātaba ? cas si rare que la formule solennelle « ayyumā... » avec son taʾkīd l'exclut — séquence dont Zarkashī admire l'agencement chez Subkī, « inaperçu des commentateurs ».
  • « Lā ṣiyāma li-man lam yubayyit » réduit au qaḍāʾ et au nadhr : pour sauver la niyya diurne du jeûne — « ils en ont fait une devinette », portant le ʿāmm sur le cas rare.
  • « Dhakātu l-janīn dhakātu ummih » lu en comparaison : en lisant le second terme au naṣb (« comme la dhakāt de sa mère »), les Ḥanafites exigent l'égorgement du fœtus ; la riwāya établie est au rafʿ — la dhakāt de la mère est celle du fœtus — et la question des compagnons (« le jetons-nous ou le mangeons-nous ? ») tranche le contexte.
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À retenir

6 principes essentiels
La clôture de la Famille G — avant le mujmal et le mubayyan.
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  • Le muṭlaq dénote la māhiyya sans qayd (matn) — mais Zarkashī donne raison à al-Āmidī et Ibn al-Ḥājib : dans le taklīf, il rejoint la nakira
  • Muṭlaq/muqayyad = ʿāmm/khāṣṣ plus le ḥaml : même ḥukm + même sabab + deux affirmatifs → on porte, le muqayyad est un bayān (naskh seulement s'il vient après le temps d'agir)
  • Causes différentes (ẓihār / qatl) : Abū Ḥanīfa refuse le ḥaml ; les nôtres l'opèrent — par le lafẓ (jumhūr des aṣḥāb) ou par qiyās (attribution d'al-Āmidī à Shāfiʿī, corrigée)
  • Jugements différents (wuḍūʾ / tayammum, vêtement / nourriture) : pas de ḥaml — et le silence ne se comble pas (pas d'iṭʿām dans la kaffāra du meurtre)
  • Conditionnements contradictoires (tatābuʿ / tafrīq) : l'absolu demeure absolu — le qaḍāʾ de Ramaḍān reste libre
  • Le taʾwīl n'est recevable qu'adossé à un dalīl ; la galerie des taʾwīl baʿīd (Ghaylān, les soixante mudd, la mukātaba...) sert d'école du discernement
?

Question de révision

Tester sa compréhension
Une question simple pour clore la Famille G.
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Question

« Les Shāfiʿites exigent l'īmān de la raqaba du ẓihār en la portant sur celle du meurtre — pourquoi refusent-ils alors d'exiger le tatābuʿ dans le qaḍāʾ de Ramaḍān en le portant sur le jeûne du ẓihār, et d'ajouter l'iṭʿām à la kaffāra du meurtre en la portant sur celle du ẓihār ? Trois ḥaml, un accepté, deux refusés : quelles sont les deux raisons techniques ? »

🧠 Grille mnémotechnique

1
MUṬLAQ
māhiyya bilā qayd
≈ nakira (Zarkashī)
2
MÊME ḤUKM+SABAB
ḥaml = bayān
tardif → naskh
3
SABAB DIFFÉRENT
raqaba muʾmina
lafẓan / qiyāsan · AḤ : non
4
MUTANĀFIYĀN
qaḍāʾ Ramaḍān
l'absolu demeure