La cause · Premier des cinq waḍʿiyyāt · Le ḥukm rattaché à un signe institué
La masʾala 12 a annoncé que le ḥukm waḍʿī se déploie en cinq catégories : sabab, sharṭ, māniʿ, ṣiḥḥa et fasād. Al-Subkī ouvre maintenant ce déploiement par sa première division : le sabab. La définition est d'une concision étudiée : « ce à quoi le ḥukm est rattaché ». Mais une précision importante est ajoutée — la nature de ce rattachement est elle-même objet de débat. Le sabab est-il un simple signe identificateur (muʿarrif) institué par Allah, ou bien produit-il réellement le ḥukm ? Al-Subkī formule sa définition de manière à englober toutes les positions, tout en laissant transparaître la voie ash'arite, qu'il a déjà fondée par sa doctrine du kalām nafsī (masʾala 10) et du « lā ḥukm illā li-Llāh » (masʾala 5).
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« Le sabab (cause) est : ce à quoi le ḥukm est rattaché du fait de sa relation à lui, en tant qu'il est signe identificateur ou autre. Le sharṭ (condition) viendra plus loin. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Aqsām al-ḥukm al-waḍʿī, masʾala 16 (السبب)
Pourquoi al-Subkī écrit-il « min ḥaythu innahu muʿarrif aw ghayruhu » — « en tant qu'il est signe identificateur ou autre » ? Parce qu'il sait qu'à ce mot — sabab — s'attache la grande dispute entre ahl al-Sunna et la Muʿtazila sur la causalité dans les actes d'Allah. Pour les ash'arites, Allah n'est contraint par rien de créé : le sabab est un signe institué qu'Il a posé pour que le ḥukm survienne avec lui. Pour les muʿtazilites, le sabab a une efficacité réelle (taʾthīr) : le ḥukm sort de la chose elle-même. Al-Subkī, en disant « ou autre », laisse la définition universelle — utilisable par tous — mais sa propre voie, déjà posée dans les masāʾil précédentes, est celle du muʿarrif.
Al-Subkī reprend la formulation du Mustaṣfā de l'imām al-Ghazālī : « mā yuḍāfu al-ḥukmu ilayhi » — « ce à quoi le ḥukm est rattaché » — puis il ajoute une précision pour expliciter la nature du rattachement : « li-l-taʿalluqi bihi » — « du fait de sa relation à lui ».
L'iḍāfa (rattachement) est ce mouvement par lequel on dit : « la peine du fouet est attachée à la fornication » (al-jaldu bi-l-zinā), ou « la prière de Ẓuhr est attachée au passage du soleil au méridien » (al-Ẓuhru bi-l-zawāl), ou « l'interdiction du khamr est attachée à l'enivrement » (taḥrīmu al-khamri li-l-iskār).
Pour ahl al-Sunna ash'arites, le sabab est un signe identificateur (muʿarrif) que Allah a institué : il signale que le ḥukm est advenu, mais il ne le produit pas. Le ḥukm — comme tout effet dans l'univers — vient directement de Allah, par sa Volonté éternelle. Le sabab est seulement la marque par laquelle nous reconnaissons que le ḥukm s'applique.
Pourquoi cette position ? Parce que dire que le sabab produit le ḥukm reviendrait à dire qu'il contraint Allah à juger ainsi — ce qui blesse la tawḥīd et la souveraineté divine.
Pour la Muʿtazila, le sabab est cause efficiente (muʾaththir) : il produit le ḥukm par lui-même, ou par la nature que Allah a placée en lui. C'est cette efficacité que combat fermement l'imām Fakhr al-Dīn al-Rāzī dans le Maḥṣūl, qui réfute « par quatre voies » l'idée d'un sabab qui agirait par soi.
Pour l'ash'arite, le zawāl n'oblige pas la prière : il est le signe qu'a institué Allah pour que l'obligation s'applique. Le sucre n'est pas cause du goût sucré — c'est Allah qui crée chaque saveur à chaque instant en concomitance avec lui. De même, le zawāl n'est pas cause de l'obligation : Allah crée l'obligation au moment du zawāl par institution éternelle.
« Le ḥukm s'établit par la présence du sabab, avec la présence du sharṭ, et l'absence du māniʿ. »
Pour qu'une femme musulmane doive prier Ẓuhr :
Al-Subkī écrit ici une remarque essentielle (rapportée par le sharḥ) : « al-mubaʿʿaru ʿanhu hunā bi-l-sabab huwa al-mubaʿʿaru ʿanhu fī al-qiyāsi bi-l-ʿilla » — « ce qu'on désigne ici par sabab est ce qu'on désignera dans le qiyās par ʿilla ».
Le sharḥ note la divergence : ceux qui disent « le zawāl ne s'appelle pas ʿilla » visent l'exigence d'une munāsaba (intelligibilité de la raison) propre à la ʿilla du qiyās. La ʿilla est une raison comprise par la raison (par ex. l'iskār, qui rend manifeste pourquoi le khamr est interdit), tandis que le sabab waqtī (comme le zawāl) est un simple signe horaire sans raison comprise. Mais ceux qui prennent ʿilla au sens large de muʿarrif identifient les deux mots.
Le sharḥ dévoile la construction de la phrase : « al-sababu : mā yuḍāfu al-ḥukmu ilayhi » — « le sabab est : ce à quoi le ḥukm est rattaché » — c'est la définition de l'imām al-Ghazālī dans le Mustaṣfā. Al-Subkī la reprend telle quelle, puis ajoute sa propre précision : « li-l-taʿalluqi bihi » — « pour la relation à lui » — afin de dire quelle est la nature de l'iḍāfa.
Puis vient l'élargissement : « min ḥaythu innahu muʿarrif » — « en tant qu'il est identificateur du ḥukm » — voie ash'arite — « aw ghayruhu » — « ou autre » — c'est-à-dire muʾaththir (cause efficiente), muʾaththir bi-idhn Allāh (cause par permission divine), ou les autres positions qui apparaîtront dans le chapitre du qiyās au sujet de la nature de la ʿilla.
Le sharḥ note enfin un point d'épistémologie : la définition donnée ici par al-Subkī « est différente » de celle qu'il donne dans son Sharḥ al-Mukhtaṣar où, suivant l'Āmidī, il dit : « al-waṣf al-ẓāhir al-munḍabiṭ al-muʿarrif li-l-ḥukm ». La définition d'ici est plus large, celle du Mukhtaṣar plus technique et plus proche de la ʿilla du qiyās.
Quant à « wa-l-sharṭu yaʾtī » — « et la condition viendra » — c'est un renvoi au mabḥath al-mukhaṣṣiṣ. Le sharṭ linguistique est en effet un restrictif du général (ex. « honore les Rabīʿa s'ils viennent ») : sa place naturelle est donc dans le chapitre des restrictifs, et al-Subkī ne le développe pas ici.
« Lorsque le soleil passe son zénith, l'obligation de la prière de Ẓuhr s'enclenche. L'ash'arite et le muʿtazilite décrivent ce phénomène avec les mêmes mots — "le zawāl est sabab de Ẓuhr" — mais ils ne disent pas la même chose. En quoi diffèrent-ils ? Et pourquoi al-Subkī écrit-il « muʿarrif aw ghayruhu » au lieu de trancher franchement pour l'une des deux positions ? »