Corollaire de la ʿiṣma · Le silence prophétique a force de validation · Fondement de la taqrīr
Cette troisième masʾala est, en surface, une simple phrase. Mais c'est elle qui opérationnalise la doctrine de la ʿiṣma pour l'uṣūlī : si le Prophète ﷺ ne peut commettre aucun péché, alors il ne peut pas non plus laisser passer un acte fautif sous ses yeux. Sa non-réprobation devient ainsi une preuve juridique. Al-Zarkashī, dans le Tashnīf al-Masāmiʿ, attire l'attention sur un détail grammatical : la conjonction fa- (« donc ») marque que cette règle est une conséquence directe de la ʿiṣma — non une donnée indépendante. Sans la carte précédente, celle-ci n'aurait pas de fondement.
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« Donc, Muḥammad ﷺ n'approuve personne sur du faux. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Sunna, masʾala 2 (لا يقرّ على باطل)
La ʿiṣma — vue dans la carte précédente — concerne les actes du Prophète ﷺ : il ne pèche pas. Mais quid des actes d'autrui qu'il observe ? La logique est la même : s'il tolérait un acte mauvais sans le réprouver, il participerait, par son silence, à un péché. Or il en est préservé. Donc son silence devant un acte vaut certificat de licéité. Cette règle, simple et puissante, fonde la troisième composante de la Sunna : la taqrīr. Sans elle, la moitié de la Sunna disparaîtrait — car beaucoup de pratiques prophétiques nous parviennent par ce que les Compagnons ont fait en sa présence sans qu'il ne dise mot.
Traduction : « C'est-à-dire sans divergence [ijmāʿ]. L'auteur emploie la conjonction fa- pour signaler que cela découle nécessairement de l'obligation de la ʿiṣma. La pertinence de placer cette règle avant les actes du Prophète ﷺ que l'on doit imiter, c'est que la formulation "aḥadan" évite le risque de lecture « lā yuqarru » (à la voix passive avec fatḥa sur le qāf), qui serait erronée. »
Mujazziz al-Mudlijī, expert en physiognomonie (qiyāfa), aperçut un jour les pieds de Zayd ibn Ḥāritha et de son fils Usāma — qui dormaient sous une couverture, ne laissant voir que leurs pieds. Il déclara : « Ces pieds sont apparentés. » Le Prophète ﷺ se réjouit visiblement de cette déclaration.
Inférence d'al-Shāfiʿī : puisque le Prophète ﷺ n'a pas seulement gardé le silence (taqrīr) mais a manifesté de la satisfaction (istibshār), la qiyāfa est légitime comme moyen d'établir la filiation.
« Pourquoi al-Subkī, méticuleux écrivain, place-t-il cette masʾala juste après la ʿiṣma et avant les actes du Prophète ﷺ que l'on doit imiter ? Quelle fonction architecturale joue-t-elle dans le plan du Kitāb al-Sunna ? »