بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Carte N°25

العِلْمُ عَقِيبَ الدَّلِيلِ مُكْتَسَبٌ

La connaissance qui suit la preuve · Acquise par le naẓar ou créée par Allah ? · Un débat épistémologique au cœur de la doctrine ash'arite

Quand un chercheur médite une preuve et parvient à une conclusion, qui « produit » cette connaissance ? Est-ce lui qui, par son examen rationnel, a fait jaillir la science qui suit la preuve ? Ou est-ce Allah qui, à l'occasion de cet examen, crée en lui ce savoir ? Cette masʾala technique, à première vue lointaine de la pratique du fiqh, touche en réalité à la question centrale du kasb ash'arite : où loger l'efficacité humaine dans une métaphysique où Allah seul crée toute chose ? Al-Subkī rapporte ici un désaccord interne aux imams ash'arites — entre ceux qui affirment que la connaissance est acquise (muktasab) et ceux qui la disent nécessaire (ḍarūrī), créée par Allah à l'instant du raisonnement.

وَاخْتَلَفَ أَئِمَّتُنَا هَلِ العِلْمُ عَقِيبَهُ مُكْتَسَبٌ؟

« Nos imams ont divergé : la connaissance qui suit (la preuve) est-elle acquise (par l'effort humain) ? »

Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Muqaddima, masʾala 25 (العلم عقيب الدليل مكتسب)

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Qui produit la connaissance ?

La doctrine ash'arite générale tient une affirmation forte : Allah seul crée toute chose (khalq al-aʿmāl). Les actes des hommes — et a fortiori la connaissance qui se produit dans leur intellect — relèvent de la création divine. Mais alors, que reste-t-il à l'agent humain ? Les ash'arites répondent par la notion de kasb : l'homme « acquiert » l'acte qu'Allah crée en lui ; il en est le sujet responsable, sans en être le créateur métaphysique. Cette même tension se rejoue ici à propos du savoir. Pour la majorité des imams ash'arites (al-Bāqillānī et nombre de shāfiʿites tardifs), la connaissance qui surgit après l'examen d'une preuve est muktasab — acquise par le naẓar, comme un acte du sujet. Pour Imām al-Ḥaramayn al-Juwaynī (dans son évolution doctrinale tardive), elle est ḍarūrī — Allah la crée à l'occasion du raisonnement, sans que le naẓar en soit véritablement la cause. Al-Subkī rapporte le désaccord par « ikhtalafa aʾimmatunā » sans trancher : ce point reste, pour lui, ouvert.

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Vocabulaire essentiel

العِلْمal-ʿilm
La connaissance, le savoir certain. Ici : la science qui se produit dans l'intellect après l'examen d'une preuve.
عَقِيبʿaqīb
« À la suite de », « après ». Désigne la succession temporelle entre la preuve et la connaissance qu'elle entraîne.
الدَّلِيلal-dalīl
La preuve : ce qui conduit l'esprit, par sa juste considération, à une connaissance ou à une conjecture (ẓann).
مُكْتَسَبmuktasab
Acquis : produit par l'agent humain au moyen de son acte (ici, le naẓar). Forme passive de iktisāb.
ضَرُورِيّḍarūrī
Nécessaire, immédiat : connaissance qu'on ne peut écarter ni par négation ni par négligence. Pour al-Juwaynī, c'est le statut de la science qui suit la preuve.
الكَسْبal-kasb
L'acquisition : doctrine ash'arite par laquelle l'homme « acquiert » l'acte qu'Allah crée. Fonde la responsabilité morale du mukallaf.
الخَلْقal-khalq
La création : acte par lequel Allah fait exister une chose. Pour les ash'arites, toute chose existante — y compris l'acte humain — est créée par Lui seul.
النَّظَرal-naẓar
L'examen rationnel, la réflexion ordonnée qui mène à une science ou à une conjecture (cf. masʾala sur al-naẓar wa-l-fikr).
المُعْتَزِلَةal-Muʿtazila
École rationaliste : pour eux, le naẓar engendre causalement la connaissance — il n'y a pas de débat interne sur le statut de cette production.
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Le problème — comment le naẓar produit-il une connaissance ?

Le passage de la preuve à la science · une énigme métaphysique
Quand on raisonne sur une preuve, on passe de l'ignorance à la connaissance. Mais ce passage est-il un effet du naẓar, une simple occasion, ou un concomitant ?
CadreProblème

Le fait empirique

Quiconque réfléchit sérieusement à un argument fait l'expérience du passage de l'ignorance au savoir : avant la considération de la preuve, il ne sait pas ; après l'avoir considérée correctement, il sait. Ce phénomène est universellement admis : il y a bien un lien entre la preuve correctement considérée et la connaissance qu'elle engendre. Le sharḥ Badr al-Ṭāliʿ note : « ittafaqa al-ʿulamāʾu ʿalā thubūt al-talāzum bayna al-naẓar al-ṣaḥīḥ wa-l-ʿilm » — les savants s'accordent sur l'existence d'un lien constant entre l'examen valide et la science.

La question proprement métaphysique

Mais quelle est la nature de ce lien ? Le sharḥ recense plusieurs positions :

  • Lien d'habitude (ʿādī) chez certains comme al-Ashʿarī : l'enchaînement preuve → connaissance est constant par habitude divine, et il peut « se rompre » si Allah le veut, comme l'eau peut ne pas étancher la soif si Allah refuse cet effet.
  • Lien de nécessité (luzūmī) chez certains comme al-Imām al-Rāzī : le lien est inéluctable, comme la subsistance de l'accident dans la substance.
  • Lien d'engendrement causal (tawallud) chez les Muʿtazila : le naẓar produit la connaissance comme l'impulsion produit le mouvement de la main.

Pourquoi la position ash'arite est délicate

Les ash'arites refusent en bloc l'engendrement causal muʿtazilite : seul Allah crée. Mais alors, comment qualifier la connaissance qui suit le naẓar humain ? S'agit-il d'un acte du sujet qu'Allah crée à son occasion (donc : « acquise ») ? Ou d'une création nécessaire qu'Allah place dans le sujet sans que celui-ci en soit l'agent (donc : « nécessaire ») ? C'est précisément cette question qu'al-Subkī signale par « ikhtalafa aʾimmatunā » — nos imams (ash'arites) ont divergé.

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Position 1 — la connaissance est muktasab

Al-Bāqillānī, la majorité des ash'arites · « al-Jumhūr »
La connaissance qui suit la preuve est acquise par le naẓar du sujet. Elle survient « au moyen » du raisonnement humain, qui en est la cause acquise (sabab muktasab).
Position 1al-Jumhūr

L'énoncé du sharḥ

Le sharḥ rapporte la position majoritaire en ces termes : « fa-qāla al-jumhūr : muktasab, li-anna ḥuṣūlahu ʿan naẓarihi al-muktasabi lahu » — la majorité dit : (la science) est acquise, parce que sa survenue résulte du naẓar, lui-même acte acquis du sujet.

L'argument expérientiel

Nous éprouvons manifestement le passage de l'ignorance au savoir lorsque nous réfléchissons. Cette efficacité du naẓar n'est pas une simple coïncidence : il y a un rapport intelligible entre l'acte du sujet (réfléchir) et le résultat (savoir). Si la connaissance était simplement créée par Allah à l'occasion du naẓar — sans que celui-ci y ait aucune part —, alors l'examen ne serait plus qu'un signe extérieur, et la responsabilité du mujtahid de « faire le naẓar » deviendrait inintelligible. La majorité maintient donc que le naẓar est une cause acquise (sabab muktasab) et que la connaissance qui en résulte est elle-même muktasaba, sur le modèle du kasb.

Cohérence avec la doctrine du kasb

Cette position s'inscrit dans le schéma classique :

  • L'homme « acquiert » (yaksib) son acte de réflexion — le naẓar.
  • Allah crée (yakhluq) cet acte et la connaissance qui le suit.
  • Mais le naẓar reste imputable à l'agent — il en est responsable, et la science qui en découle relève donc, du côté du sujet, du kasb.

Tenants principaux

  • Al-Qāḍī Abū Bakr al-Bāqillānī (m. 403 H.) — figure majeure de l'école ash'arite ancienne.
  • La majorité des shāfiʿites tardifs et des uṣūliyyūn ash'arites postérieurs.
  • Position retenue par al-Subkī lui-même dans le matn comme al-jumhūr.
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Position 2 — la connaissance est ḍarūrī

Imām al-Ḥaramayn al-Juwaynī (tardif) · Allah la crée à l'occasion du naẓar
La connaissance qui suit la preuve est créée nécessairement par Allah à l'instant du raisonnement. Le naẓar n'en est pas la cause acquise mais l'occasion.
Position 2al-Juwaynī

L'énoncé du sharḥ

Le sharḥ rapporte la position alternative : « wa-qīla : ḍarūrī, li-anna ḥuṣūlahu iḍṭirārī, lā qudrata ʿalā dafʿihi wa-lā infikāka ʿanhu » — d'autres ont dit : (la science) est nécessaire, parce que son apparition est contraignante : on n'a aucun pouvoir de la repousser ni de s'en détacher.

L'argument doctrinal

Cette position prolonge avec rigueur la doctrine ash'arite générale du khalq al-aʿmāl :

  • Allah seul crée toute chose existante.
  • La connaissance est une chose existante (un attribut qui survient dans le sujet).
  • Donc Allah seul crée la connaissance.
  • Le naẓar n'en est ni la cause au sens muʿtazilite, ni véritablement le moyen ash'arite : il est l'occasion (ʿinda) à laquelle Allah lie habituellement la création du savoir.

L'argument expérientiel inversé

Le partisan de cette position retourne l'argument adverse : nous expérimentons certes le surgissement de la connaissance après le naẓar — mais nous l'expérimentons précisément comme quelque chose qui s'impose à nous, que nous ne pouvons ni refuser, ni produire à volonté, ni écarter. Or c'est exactement la marque du ḍarūrī : la connaissance s'impose, comme s'imposent les sensations ou les premiers principes.

L'évolution d'al-Juwaynī

Imām al-Ḥaramayn al-Juwaynī (m. 478 H.), maître d'al-Ghazālī, a évolué vers cette position dans ses œuvres tardives. Sa formulation la plus connue tend même à recommander al-imsāk ʿan taʿrīf al-ʿilm (s'abstenir de définir la science) — signe que le statut métaphysique du savoir lui paraît trop subtil pour être épuisé par une définition. Sur la question présente, il opte pour le statut ḍarūrī : la science est créée par Allah, le sujet ne fait que « subir » son apparition.

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Lien avec la doctrine ash'arite du kasb

Kasb / khalq · les deux niveaux d'analyse de l'acte
La masʾala 25 est un cas particulier de la grande question ash'arite du kasb. La même tension entre khalq divin et iktisāb humain s'y rejoue.
DoctrineKasb

Les deux niveaux d'analyse

La théologie ash'arite distingue deux registres qui ne sont pas en concurrence :

  • Khalq — la création : tout ce qui existe est créé par Allah. Cela vaut pour l'acte humain comme pour le reste du monde. C'est le registre métaphysique de l'existant.
  • Kasb — l'acquisition : l'agent humain « acquiert » l'acte qu'Allah crée à travers lui. C'est le registre moral de l'imputation et de la responsabilité.

Ces deux niveaux opèrent à des plans différents : on ne peut pas dire « ou bien Allah crée, ou bien l'homme acquiert » — ils tiennent ensemble.

Application aux actes

Pour les actes corporels (prière, jeûne, parole) :

  • L'homme « acquiert » son acte — il en est responsable, il sera récompensé ou puni.
  • Mais c'est Allah qui crée cet acte et le pouvoir de l'accomplir.

Application à la connaissance

Le même schéma se rejoue, mais avec une difficulté supplémentaire : la connaissance n'est pas évidemment un « acte » au même sens qu'une action corporelle. C'est un attribut qui survient dans le sujet. D'où la divergence interne :

  • Pour al-Bāqillānī et la majorité : la connaissance est l'effet acquis du naẓar — donc relève du kasb, comme un acte. L'homme « acquiert » sa connaissance par le naẓar ; Allah la crée.
  • Pour al-Juwaynī tardif : la connaissance, étant strictement subie, ne relève que du khalq ; il n'y a pas d'« acquisition » au sens propre. Allah crée la science à l'occasion du naẓar.
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Position d'al-Subkī — il rapporte sans trancher

« Ikhtalafa aʾimmatunā » · un point ouvert
Al-Subkī rapporte la divergence sans imposer de tarjīḥ ferme. Il signale que ce point reste ouvert chez les ash'arites — le débat est verbal pour la pratique du mujtahid, mais réel sur le plan théorique.
TarjīḥSubkī

La formule rhétorique

Le matn ouvre par « wa-khtalafa aʾimmatunā » — « et nos imams ont divergé ». Cette formule est révélatrice :

  • Le possessif « nos » (aʾimmatu-nā) localise le débat à l'intérieur de l'école ash'arite. Ce n'est pas une querelle avec la Muʿtazila ou les philosophes, mais une discussion interne.
  • Le verbe « ikhtalafa » reste neutre : al-Subkī rapporte sans trancher, contrairement à d'autres masāʾil où il use d'expressions de tarjīḥ explicites.
  • La masʾala est posée en question (hal al-ʿilmu ʿaqībahu muktasab) : c'est le mode du débat ouvert.

Pourquoi al-Subkī ne tranche pas ?

Plusieurs raisons convergent :

  • Subtilité métaphysique : trancher entre cause acquise et simple occasion suppose une métaphysique fine de la causalité ; chacune des deux positions a une cohérence interne.
  • Pas d'enjeu pratique : que l'on opte pour l'une ou l'autre, le mujtahid doit faire le naẓar. La conclusion juridique ne change pas. Le débat ne touche pas le fiqh appliqué.
  • Précédent doctrinal : Imām al-Ḥaramayn lui-même a hésité, finissant par recommander al-imsāk ʿan taʿrīf al-ʿilm — la suspension face à la définition de la science. Al-Subkī s'inscrit dans cette retenue.

Implication épistémologique

Pratiquement, la masʾala ne change rien pour le mujtahid : il doit examiner les preuves quoi qu'il en soit. Mais théoriquement, elle touche à la nature même de la rationalité humaine :

  • Si muktasab : le naẓar est une activité réellement productrice. Il y a une dignité de la raison comme kasb.
  • Si ḍarūrī : le naẓar est une simple occasion. La rationalité humaine perd son efficacité, mais Allah est plus pleinement reconnu comme l'auteur unique du savoir.
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Texte du matn — العلم عقيب الدليل مكتسب

Source primaire + sharḥ Badr al-Ṭāliʿ
Une demi-phrase interrogative qui pose une question métaphysique fondamentale sur la nature de la connaissance issue du naẓar.
MatnSubkī

Texte du matn

وَاخْتَلَفَ أَئِمَّتُنَا هَلِ العِلْمُ عَقِيبَهُ مُكْتَسَبٌ؟

Détail du sharḥ — Badr al-Ṭāliʿ

Le sharḥ ouvre la masʾala par : « wa-khtalafa aʾimmatunā hal al-ʿilmu bi-l-maṭlūbi al-ḥāṣilu ʿaqība al-naẓari al-ṣaḥīḥi al-mustalzimi lahu » — nos imams ont divergé : la connaissance de l'objet recherché qui survient à la suite d'un examen valide qui l'entraîne... — le commentateur précise alors la nature du lien entre naẓar et ʿilm en plusieurs hypothèses :

  • « istilzāman ʿādiyyan ʿinda baʿḍihim ka-l-Ashʿarī » — un lien d'habitude chez certains, comme al-Ashʿarī : la science n'apparaît qu'par habitude divine, et le lien peut être rompu — comme la non-brûlure du feu en contact avec un combustible.
  • « aw luzūman ʿinda baʿḍihim ka-l-Imām al-Rāzī » — un lien nécessaire chez certains comme al-Rāzī.
  • Le sharḥ note un troisième cas : « lā yatakhallafu aṣlan » — qui ne souffre absolument aucun écart, comme la subsistance de l'accident dans la substance.

Puis le sharḥ pose la question proprement dite : « hal huwa muktasabun li-l-nāẓir ? » — cette science est-elle acquise par celui qui examine ? Et il rapporte les deux réponses :

  • « fa-qāla al-jumhūr : muktasab, li-anna ḥuṣūlahu ʿan naẓarihi al-muktasabi lahu » — la majorité : oui, acquise, car elle découle de son naẓar lui-même acquis.
  • « wa-qīla : ḍarūrī, li-anna ḥuṣūlahu iḍṭirārī » — d'autres : non, nécessaire, car son apparition est subie.

Le sharḥ ajoute une remarque conciliatoire : « fa-lā khilāfa illā fī al-tasmiyya, wa-hiya bi-l-muktasabi ansab »il n'y a en réalité de divergence que dans la dénomination, et la qualification de « acquise » est plus appropriée. Et plus loin : « al-khilāfu fī al-tasmiya... wa-lā mushāḥata fī al-asmāʾ » — la divergence porte sur le nom, et il n'y a pas à se quereller sur les noms.

Enfin, le sharḥ rappelle la position muʿtazilite pour mieux la distinguer : « wa-ammā ghayru aʾimmatinā fa-l-Muʿtazila qālū : al-naẓaru yuwallidu al-ʿilma ka-tawlīdi ḥarakati al-yadi li-ḥarakati al-miftāḥ »les muʿtazilites disent que le naẓar engendre la science comme le mouvement de la main engendre celui de la clé. Cette doctrine du tawallud (engendrement causal) est unanimement rejetée par tous les imams ash'arites — le débat interne ne porte que sur la qualification, dans le cadre commun du refus du tawallud.

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À retenir

5 principes essentiels
La carte mentale du débat sur la connaissance qui suit la preuve.
  • La masʾala 25 pose une question interne aux imams ash'arites : la science qui suit le naẓar valide est-elle muktasaba (acquise) ou ḍarūriyya (nécessaire) ?
  • Position majoritaire (al-Bāqillānī, al-Jumhūr) : muktasab — la connaissance est l'effet acquis du naẓar, sur le modèle du kasb
  • Position minoritaire (al-Juwaynī tardif) : ḍarūrī — Allah crée la connaissance à l'occasion du naẓar, qui n'est qu'occasion et non cause acquise
  • Ce débat est l'extension, au domaine du savoir, de la grande doctrine ash'arite du kasb (l'homme acquiert) / khalq (Allah crée) — les deux niveaux ne sont pas en concurrence
  • Tous les ash'arites rejettent le tawallud muʿtazilite (engendrement causal du naẓar produisant la science) ; la divergence interne porte sur la qualification, et le sharḥ la juge lafẓī — purement terminologique
?

Question de révision

Tester sa compréhension
Distinguer les trois positions (muʿtazilite, ash'arite muktasab, ash'arite ḍarūrī) et localiser le désaccord interne.

Question

« Un mujtahid examine une preuve sur la qibla et conclut correctement à sa direction. Selon les muʿtazilites, selon al-Bāqillānī, et selon al-Juwaynī tardif, qui est l'agent qui « produit » la connaissance qui survient en lui à la fin du raisonnement ? Pourquoi al-Subkī rapporte-t-il le désaccord par « ikhtalafa aʾimmatunā » sans trancher ? Et en quel sens le sharḥ peut-il dire que la divergence ash'arite est lafẓī ? »

🧠 Grille mnémotechnique — qui produit la connaissance ?

1
PROBLÈME
Naẓar → ʿilm
quel lien ?
Cadre métaphysique
2
POSITION 1
Muktasab
al-Bāqillānī
al-Jumhūr
3
POSITION 2
Ḍarūrī
al-Juwaynī
Imām al-Ḥaramayn
4
VERDICT
Khilāf
lafẓī
débat verbal
Refus commun du tawallud