بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Carte N°35

المُبَاحُ غَيْرُ مَأْمُورٍ بِهِ

Le permis n'est pas commandé · Ni genre du wājib, ni objet d'amr · La zone de liberté laissée par la Loi

Cette masʾala prolonge directement la précédente (n° 34). Là, al-Subkī avait soustrait le mandūb au champ strict du taklīf. Ici, il prend le cas du mubāḥ — le permis — et tranche deux questions à la fois : (1) le mubāḥ n'est pas un genre du wājib, contre une école qui voulait l'y inclure logiquement ; (2) le mubāḥ n'est pas maʾmūr bihi en lui-même, contre al-Kaʿbī al-Muʿtazilī qui prétendait que tout mubāḥ revient à un wājib caché. Le matn ajoute : « wa-l-khulfu lafẓī » — le désaccord est verbal. Mais en posant ces deux thèses, al-Subkī fixe quelque chose de profond : la Loi laisse une zone de liberté. Tout n'est pas commandé. L'homme respire.

وَالأَصَحُّ أَنَّ المُبَاحَ لَيْسَ بِجِنْسٍ لِلْوَاجِبِ، وَأَنَّهُ غَيْرُ مَأْمُورٍ بِهِ مِنْ حَيْثُ هُوَ، وَالخُلْفُ لَفْظِيٌّ.

« Le plus correct est que le mubāḥ (permis) n'est pas un genre pour le wājib (obligatoire), et qu'il n'est pas commandé en lui-même. Le désaccord est verbal. »

Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Muqaddima, masʾala 35 (المباح غير مأمور به)

📜

Le statut du permis — une zone de liberté

Toute la difficulté du mubāḥ tient à ce qu'il est défini par une absence : ni demande de faire, ni demande de délaisser. Il est ce sur quoi la Loi ne se prononce pas en termes de ṭalab. Or les esprits logiciens, gênés par cette « lacune », ont voulu la combler. Une école dit : si tout wājib est autorisé, alors mubāḥ est un genre qui contient le wājib. Une autre école, celle du muʿtazilite al-Kaʿbī, dit : tout mubāḥ revient en réalité à un wājib, parce qu'en accomplissant un permis, on délaisse nécessairement un interdit. Al-Subkī rejette les deux. Le mubāḥ est sa propre catégorie, distincte du wājib comme du ḥarām, et la Loi y consacre véritablement un espace où l'homme agit sans qualification de demande. La masʾala 36 (à venir) précisera : cet espace est lui-même un ḥukm sharʿī — non un vide, mais une permission positive posée par la Loi.

📖

Vocabulaire essentiel

المُبَاحal-mubāḥ
Le « permis » : acte dont la Loi laisse libre l'accomplissement comme le délaissement. Pas de récompense, pas de péché, ni à le faire ni à le laisser.
مَأْمُورٌ بِهِmaʾmūr bihi
« Objet d'un commandement » : acte que vise une parole de type amr. La question : le mubāḥ en est-il un, fût-ce indirectement ?
الجِنْسal-jins
Le « genre » au sens logique : catégorie englobante qui se subdivise en espèces (fuṣūl). Question : le mubāḥ est-il un genre dont le wājib serait une espèce ?
مِنْ حَيْثُ هُوَmin ḥaythu huwa
« En lui-même », « sous l'angle de ce qu'il est ». Précision décisive : un acte mubāḥ peut, sous un autre angle, devenir wājib ou ḥarām.
التَّخْيِيرal-takhyīr
Le « laisser-libre » entre faire et délaisser. Définition technique du mubāḥ chez al-Subkī (cf. masʾala 11) : al-takhyīr bayna al-fiʿl wa-l-tark.
الإِبَاحَةal-ibāḥa
La permission. Le nom d'action qui désigne le ḥukm dont le mubāḥ est l'objet. Sera reconnue comme ḥukm sharʿī dans la masʾala 36.
الكَعْبِيal-Kaʿbī al-Muʿtazilī
Abū al-Qāsim al-Balkhī (m. 319/931), chef des muʿtazilites de Balkh. Soutenait : « il n'y a pas de mubāḥ dans la sharīʿa ». Tout mubāḥ serait un wājib indirect.
الخُلْفُ لَفْظِيّal-khulf lafẓī
« Le désaccord est verbal » : le débat porte sur l'extension d'un mot, non sur les faits juridiques eux-mêmes (qui sont admis par tous).
القَدْرُ المُشْتَرَكal-qadr al-mushtarak
Le « commun » : ce que partagent plusieurs catégories. Ici : le wājib et le mubāḥ partagent l'idhn (autorisation), mais cela n'en fait pas un genre.
1

Première thèse — le mubāḥ n'est pas un genre du wājib

Réfutation d'une logique trop large
Une école dit : tout wājib est autorisé, donc mubāḥ est un genre qui inclut le wājib. Al-Subkī répond : non — chaque catégorie a son fuṣūl propre.
LogiqueGenre/espèce

L'argument adverse

Certains uṣūliyyūn ont raisonné ainsi : « le mubāḥ, c'est l'autorisé (al-maʾdhūn fīhi) ; or le wājib aussi est autorisé ; donc le wājib tombe sous le mubāḥ comme une espèce sous son genre ». Le wājib serait alors un mubāḥ spécifié par un faṣl supplémentaire : le manʿ min al-tark (l'empêchement de délaisser).

La réfutation d'al-Subkī (rapportée par le sharḥ)

Le sharḥ (Badr al-Ṭāliʿ) rapporte la réponse : « qulnā : wa-khtaṣṣa al-mubāḥ ayḍan bi-faṣl al-idhn fī al-tark ʿalā al-sawāʾ »nous disons : le mubāḥ aussi est spécifié par un faṣl propre, à savoir al-idhn fī al-tark ʿalā al-sawāʾ — l'autorisation de délaisser à égalité avec celle de faire. Donc le mubāḥ et le wājib sont deux espèces parallèles, chacune avec son faṣl ; ni l'un ni l'autre n'est genre de l'autre.

Désamorçage du débat — sens strict vs sens large

  • Sens 1mubāḥ = al-maʾdhūn fīhi (l'autorisé en général) : à ce sens, le mubāḥ est un genre du wājib, par accord de tous.
  • Sens 2mubāḥ = al-mukhayyar fīhi (l'objet d'un takhyīr entre faire et délaisser) : à ce sens, qui est le sens technique courant, le mubāḥ n'est pas un genre du wājib, par accord de tous.
2

Deuxième thèse — le mubāḥ n'est pas commandé en lui-même

Contre al-Kaʿbī al-Muʿtazilī
Le mubāḥ ne tombe sous aucune amr. Al-Kaʿbī objecte : tout mubāḥ accompli implique un délaissement d'interdit, donc il est wājib indirectement. Al-Subkī répond : sous un autre angle, oui — mais en lui-même, non.
KaʿbīRéfutation

Position d'al-Subkī : non

Le mubāḥ se définit par l'absence de demande (ni ṭalab al-fiʿl, ni ṭalab al-tark). Or l'amr est, par essence, une demande. Ce qui ne comporte aucune demande ne peut donc tomber sous l'amr, ni au sens strict (ījāb), ni au sens large (nadb). « Min ḥaythu huwa » — sous l'angle de ce qu'il est en lui-même —, le mubāḥ n'est ni wājib ni mandūb.

L'objection d'al-Kaʿbī al-Muʿtazilī

Al-Kaʿbī (Abū al-Qāsim al-Balkhī) tient une position radicale : « lā mubāḥa fī al-sharīʿa » — il n'y a pas de mubāḥ dans la Loi. Argument : « mā min mubāḥin illā wa-yataḥaqqaqu bihi tarku ḥarāmin » — il n'est pas un seul acte mubāḥ qui n'entraîne, par son accomplissement, le délaissement d'un interdit. Exemples du sharḥ :

  • En se taisant, on délaisse la calomnie (tark al-qadhf).
  • En restant immobile, on délaisse le meurtre (tark al-qatl).
  • Or « mā lā yatimm al-wājibu illā bihi fa-huwa wājib » — ce sans quoi le wājib ne s'accomplit pas est lui-même wājib.
  • Donc tout mubāḥ devient wājib au titre de moyen pour délaisser un ḥarām.

La réponse d'al-Subkī — la précision « min ḥaythu huwa »

Al-Subkī ne nie pas le fait : oui, certains actes mubāḥ peuvent, sous un autre angle, devenir wājib (parce qu'ils permettent de délaisser un ḥarām) ou ḥarām (parce qu'ils causent un préjudice). Mais ce n'est pas en tant que mubāḥ qu'ils le deviennent. Sous l'angle « mubāḥ », l'acte n'est pas commandé. Sous d'autres angles, le même acte peut tomber sous d'autres ḥukms.

3

Subtilité — la portée de « min ḥaythu huwa »

Un acte, plusieurs angles
Un même acte peut être mubāḥ en lui-même, mais wājib, mandūb, makrūh ou ḥarām sous d'autres angles. Manger est l'exemple canonique.
DistinctionAngle

L'exemple canonique : al-akl (manger)

  • En lui-même (min ḥaythu huwa) : manger est mubāḥ. Pas de demande, pas d'interdiction.
  • Pour celui qui meurt de faim (al-muḍṭarr) : manger devient wājib. Préserver sa vie est imposé.
  • Pour celui qui en a déjà beaucoup mangé : manger devient makrūh, voire ḥarām si cela cause un préjudice grave.
  • Pour celui qui mange pour avoir la force d'adorer : manger devient mandūb.

Pourquoi cette précision est décisive

Sans elle, l'argument d'al-Kaʿbī aurait quelque mordant : il est vrai que les actes humains sont rarement « purs » mubāḥ. Tout acte concret est susceptible, par contexte, de basculer dans une autre catégorie. Mais cette possibilité de basculement n'efface pas la nature propre de l'acte considéré abstraitement. Le mubāḥ existe comme catégorie, même si peu d'actes restent en pratique purement mubāḥ.

Application : le statut de la liberté dans l'islam

Cette précision a une portée éthique majeure. Elle dit : l'islam reconnaît une zone où l'homme agit selon ses besoins légitimes sans qualification religieuse particulière. Manger, dormir, marcher, parler de choses ordinaires — tout cela n'est pas l'objet d'un amr divin. La Loi laisse l'homme libre. Cette liberté n'est pas un défaut de la Loi ; c'est un trait positif. La masʾala 36 le confirmera : al-ibāḥa ḥukm sharʿī — la permission est elle-même une catégorie posée par la Loi.

4

Le désaccord est lafẓī — parallèle à la masʾala 34

Une querelle de mots avec arrière-plan théorique
Tous s'accordent sur le statut juridique du mubāḥ (pas de récompense, pas de péché). Le désaccord porte sur le mot amr et sur l'extension du mot mubāḥ.
MéthodeLafẓī

Les points d'accord (les faits)

  • L'accomplissement du mubāḥ n'est pas récompensé.
  • Son délaissement n'est pas sanctionné.
  • Allah n'a pas demandé, en tant que tel, son accomplissement.
  • Un acte mubāḥ peut, sous d'autres angles, devenir wājib ou ḥarām (al-Kaʿbī ne le nie pas).

Le point de désaccord (les mots)

  • Pour al-Kaʿbī : le mot wājib couvre tout ce qui est moyen nécessaire d'un délaissement d'interdit. Donc « lā mubāḥa fī al-sharīʿa ».
  • Pour al-Subkī : le mot wājib ne couvre que l'acte directement imposé. Le mubāḥ reste mubāḥ en lui-même, même si ses contextes le déplacent ailleurs.
  • Pour al-Bāqillānī (cf. masʾala 34) : le mot amr est ṭalab, qui inclut le mandūb mais peut-être pas le mubāḥ.
  • Pour al-Subkī : le mot amr au sens fort = ījāb, qui n'inclut ni le mandūb ni a fortiori le mubāḥ.

Pourquoi tout de même se battre ?

Si le débat est lafẓī, pourquoi al-Subkī tient-il à trancher ? Parce que les mots techniques sont des outils de pensée. Laisser al-Kaʿbī étendre wājib au-delà de l'imposition directe, c'est dissoudre la catégorie même de mubāḥ. Or cette catégorie est fonctionnelle : elle permet à la jurisprudence de nommer la liberté, et de la distinguer de la simple absence de Loi. Si tout est wājib, plus rien ne l'est vraiment.

5

Lien avec les masāʾil 11, 34 et 36

Architecture · trois masāʾil emboîtées
La masʾala 35 est le maillon central entre la définition du taklīf (m. 34), la classification des aḥkām (m. 11) et la nature de l'ibāḥa (m. 36).
ArchitectureConnexions

Lien avec la masʾala 34 — al-mandūb maʾmūr bihi

La masʾala 34 avait soustrait le mandūb du taklīf strict. La masʾala 35 va plus loin : elle soustrait le mubāḥ de l'amr tout court. Ordre logique : si le mandūb (qui est demandé) n'est déjà pas mukallaf bihi, à plus forte raison le mubāḥ (qui n'est même pas demandé) n'est-il pas maʾmūr bihi. C'est l'argument a fortiori implicite.

Lien avec la masʾala 11 — aqsām al-ḥukm al-taklīfī

Dans la masʾala 11, al-Subkī avait inclus l'ibāḥa parmi les divisions du ḥukm taklīfī, par le biais du takhyīr. Cela peut sembler contredire la présente masʾala (où le mubāḥ n'est pas mukallaf bihi). La résolution :

  • L'ibāḥa est un ḥukm taklīfī au sens large : une catégorie posée par la Loi, à côté du wājib, ḥarām, mandūb, makrūh.
  • Le mubāḥ n'est pas mukallaf bihi au sens strict : il n'est pas l'objet d'une imposition contraignante.
  • Le mot iqtiḍāʾ (cf. m. 11) couvre les demandes ; le mot takhyīr couvre l'absence de demande. Les deux sont des aḥkām ; seul le premier est taklīf au sens strict.

Lien avec la masʾala 36 — al-ibāḥa ḥukm sharʿī

La masʾala 36 (à venir) précisera que l'ibāḥa est elle-même un ḥukm sharʿī — c'est-à-dire une catégorie posée positivement par la Loi, et non une simple absence de Loi. Cela répond à la position muʿtazilite (rapportée par certains) qui ferait de l'ibāḥa un état antérieur à la Loi (al-barāʾa al-aṣliyya). Pour al-Subkī, la permission est un acte législatif divin : Allah autorise activement.

6

Texte du matn et sharḥ — المباح غير مأمور به

Source primaire + Badr al-Ṭāliʿ
Lecture suivie du matn et de son commentaire ash'arite shāfiʿite.
MatnSubkī

Texte du matn

وَالأَصَحُّ أَنَّ المُبَاحَ لَيْسَ بِجِنْسٍ لِلْوَاجِبِ، وَأَنَّهُ غَيْرُ مَأْمُورٍ بِهِ مِنْ حَيْثُ هُوَ، وَالخُلْفُ لَفْظِيٌّ.

Détail du sharḥ — Badr al-Ṭāliʿ

Première proposition« wa-l-aṣaḥḥu anna al-mubāḥ laysa bi-jinsin li-l-wājib ». Le sharḥ glose : « wa-qīla : innahu jinsun lahu li-ṣidqi al-mubāḥ — bi-maʿnā al-maʾdhūn fīhi — ʿalā al-wājib, wa-khtaṣṣa al-wājib bi-faṣl al-manʿ min al-tark » — on a dit qu'il est un genre du wājib, parce que mubāḥ au sens d'autorisé s'applique au wājib, et le wājib s'en distingue par le faṣl de l'empêchement de délaisser. Réponse d'al-Subkī : « qulnā : wa-khtaṣṣa al-mubāḥ ayḍan bi-faṣl al-idhn fī al-tark ʿalā al-sawāʾ » — nous disons : le mubāḥ est lui-même spécifié par un faṣl propre, à savoir l'autorisation égale de délaisser. Donc « fa-lā khilāfa fī al-maʿnā » : pas de désaccord sur le fond.

Deuxième proposition« wa-annahu ghayru maʾmūrin bihi min ḥaythu huwa ». Le sharḥ glose : « ay : al-mubāḥ ghayru maʾmūrin bihi min ḥaythu huwa, fa-laysa bi-wājibin wa-lā mandūb » — il n'est ni wājib ni mandūb. « Wa-qāla al-Kaʿbī : maʾmūrun bihi, ay wājibun, idh mā min mubāḥin illā wa-yataḥaqqaqu bihi tarku ḥarāmin » — al-Kaʿbī al-Muʿtazilī a dit : il est commandé, c'est-à-dire wājib, parce qu'il n'est pas un seul mubāḥ qui n'entraîne le délaissement d'un interdit. « Fa-yataḥaqqaqu bi-l-sukūt tarku al-qadhf, wa-bi-l-sukūn tarku al-qatl » — par le silence se réalise le délaissement de la calomnie, par l'immobilité le délaissement du meurtre. « Wa-mā lā yatimm al-wājibu illā bihi fa-huwa wājib » — ce sans quoi le wājib ne s'accomplit pas est lui-même wājib. Donc « fa-l-mubāḥ wājib » — le mubāḥ serait wājib. « Wa-yaʾtī dhālika fī ghayrihi ka-l-makrūh » — et la même chose s'appliquerait au makrūh.

Réponse implicite par « min ḥaythu huwa » — le sharḥ note : « al-Kaʿbī qad iʿtarafa bi-mā yuʾkhadhu min al-matn min anna al-mubāḥ ghayru maʾmūrin bihi min ḥaythu mā huwa, wa-anna ghayrahu maʾmūrun bihi min ḥaythu mā ʿaraḍa lahu min kawni tarki al-ḥarām bihi » — al-Kaʿbī lui-même reconnaît que le mubāḥ en tant que tel n'est pas commandé, et que c'est sous l'angle accidentel du délaissement de l'interdit qu'il devient commandé. « Wa-ghayruhu lā yukhālifuhu fī dhālik » — et les autres ne le contredisent pas sur ce point. « Ka-mā ashāra ilayhi al-muṣannif bi-qawlihi : min ḥaythu huwa » — comme le matn l'a indiqué par les mots « min ḥaythu huwa ».

Troisième proposition« wa-l-khulfu lafẓī ». Le sharḥ glose : « ay rājiʿun ilā al-lafẓ dūna al-maʿnā, fa-inna al-Kaʿbī qad iʿtarafa bi-mā yuʾkhadhu min al-matn » — c'est-à-dire que le désaccord se ramène au mot, non au sens, puisqu'al-Kaʿbī lui-même admet ce que dit le matn une fois la précision « min ḥaythu huwa » introduite. Le débat n'est donc pas sur les faits juridiques mais sur l'extension des mots wājib et maʾmūr bihi.

📋

À retenir

5 principes essentiels
Carte mentale du statut du mubāḥ dans l'architecture du taklīf.
  • Le mubāḥ n'est pas un genre du wājib : chaque catégorie a son faṣl propre — l'idhn fī al-tark ʿalā al-sawāʾ pour le mubāḥ, le manʿ min al-tark pour le wājib
  • Le mubāḥ n'est pas maʾmūr bihi en lui-même (min ḥaythu huwa) : il échappe à l'amr, ni au sens fort (ījāb), ni au sens large (nadb)
  • La précision « min ḥaythu huwa » est décisive : un acte mubāḥ peut, sous un autre angle, devenir wājib (manger pour le muḍṭarr) ou ḥarām (manger trop)
  • Al-Kaʿbī al-Muʿtazilī tient l'avis contraire : « lā mubāḥa fī al-sharīʿa ». Tout mubāḥ revient à un wājib, parce qu'il entraîne un délaissement d'interdit. Réfuté par « min ḥaythu huwa »
  • Le débat est lafẓī : tous s'accordent sur les faits (pas de récompense, pas de péché) ; le désaccord porte sur l'extension du mot wājib. La Loi laisse une zone de liberté — l'ibāḥa, qui sera reconnue comme ḥukm sharʿī dans la masʾala 36
?

Question de révision

Tester sa compréhension
Articuler la précision « min ḥaythu huwa » à la critique d'al-Kaʿbī.

Question

« Al-Kaʿbī al-Muʿtazilī soutient que tout mubāḥ est en réalité un wājib, parce qu'en l'accomplissant on délaisse nécessairement un ḥarām (par exemple : en se taisant on délaisse la calomnie). Comment al-Subkī réfute-t-il cet argument sans nier le fait qu'al-Kaʿbī invoque ? Quel rôle joue exactement la précision « min ḥaythu huwa » ? Et en quoi cette réfutation préserve-t-elle l'autonomie de la catégorie « mubāḥ » dans le système des aḥkām ? »

🧠 Grille mnémotechnique — quatre concepts à tenir ensemble

M
MUBĀḤ
Ni faire ni délaisser n'est demandé
zone de liberté
Catégorie autonome
MIN ḤAYTHU HUWA
« En lui-même »
par opposition aux contextes
Précision décisive
K
KAʿBĪ
« Pas de mubāḥ dans la sharīʿa »
position muʿtazilite
Réfuté par Subkī
L
LAFẒĪ
Désaccord verbal
extension de wājib et amr
Pas de fond contesté